Néologismes formels dans l'hebdomadaire burkinabè Journal du jeudi: Procédés et facteurs de création
Célestin Zoumbara  1, *@  
1 : Université Ouaga 1  (LADIPA)
* : Auteur correspondant

Le Journal du jeudi (JJ) est un hebdomadaire burkinabè paraissant le jeudi. L'une des particularités de ce journal est qu'il utilise des néologismes pour transmettre l'actualité locale et nationale à une population multi-ethnique. A partir d'une analyse morpho-lexicologique, l'objectif du présent article est d'identifier les facteurs de création de ces néologismes.

Dans cette étude, nous avons relevé et analysé les néologismes de forme présents dans les numéros parus entre septembre et décembre 2015, cette période ayant été choisie du fait d'évènements socio-politiques notoires. La sélection des termes s'est faite en référence à un corpus d'exclusion constitué des dictionnaires Robert et Larousse. L'accès au sens de ces néologismes a été réalisé en considérant le contexte situationnel ou évènementiel de leur production.

La classification selon les procédés de création donne vingt-quatre néologismes créés par dérivation, dont quatre par dérivation préfixale et vingt par dérivation suffixale. Dix-sept néologismes ont été générés par composition : neuf par composition proprement dite, trois par nominalisation d'un syntagme et cinq par composition avec un élément étranger. Nous avons relevé dix néologismes créés par altération, dont quatre cas d'apocope, trois cas d'épenthèse et trois autres cas d'aphérèse. Douze néologismes ont été générés par emprunt. Il s'agit d'emprunt externes effectués à l'anglais, à l'arabe et à deux langues nationales burkinabè que sont le moré et le dioula, avec trois termes pour chaque langue. Quatre termes néologiques ont été créés par translation à travers la transformation d'un nom propre en nom commun et cinq sont des mots valises.

À partir de cette classification, nous avons identifié trois principaux facteurs de création des néologismes dans ce journal. Tout d'abord, leur création est favorisée par le souci de désigner une réalité ou un concept nouveaux. Ensuite, les raisons d'économie et de séduction du lecteur justifient la présence de certains néologismes dans le journal. Enfin, le troisième facteur est relatif au multilinguisme du Burkina Faso. De fait, en combinant des termes du français, langue officielle, avec d'autres issus de la soixantaine de langues nationales que compte le pays, JJ met en relief la pluralité des codes linguistiques présents au Burkina Faso.


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